Le leader, la meute, l’outsider et le second souffle…
Le leader, la meute, l’outsider et le second souffle…
Et si le dénouement n’était pas celui qu’on imagine ???
La situation aujourd’hui, c’est un leader virtuose, que rien ni personne ne semble pouvoir atteindre, à moins de 3 jours de l’arrivée. Juste derrière, une meute de 4 loups affamés qui la nuit dernière ont commencé à attaquer leur proie au mollet en lui reprenant 36 milles en 12 h ! Ils ne sont plus qu’à 85 milles. Un peu derrière, un (autre) bateau rouge en embuscade et en ligne droite, c’est l’outsider de cette fin de course. Et enfin, deux poursuivants à 400 milles seulement, moins d’une journée de mer, qui ont su trouver un second souffle.
On vous explique…
Basile Bourgnon est une proie qui résiste. Catégorie premium. La meute, patiente, attend la boulette… qui ne vient pas. Une sieste trop longue, une configuration de voile mal adaptée, un empannage raté, un grain mal négocié. Non. Rien.
Et pendant que la proie sautille, la meute fatigue, jette ses forces dans la bataille mais doit en garder sous le pied pour le sprint final. Car un podium se joue. Dans l’axe on trouve Pierre Quiroga dont on connait la maitrise de la régate au contact, Léonard Legrand le bizuth qui livre une copie parfaite, et Baptiste Hulin qui connait la route. Ils ont tous les trois des bateaux sur lesquels ils peuvent compter, fiables et robustes. Revenu de son périple dans le far-west de la dépression, Thibaut Vauchel-Camus déboule par le nord à grande vitesse, confiant dans son expérience et celle de son bateau. D’ailleurs, Quiroga l’a vu arriver et tente de s’intercaler.
Dans leur rétroviseur Luke Berry avait accumulé du retard en choisissant une route plus sud qui a moins bien fonctionné qu’il ne l’attendait. Il est sur la route directe et ne fait qu’accélérer depuis 24 h.
A 400 milles derrière le leader, Anne-Claire Le Berre est cette après-midi la plus rapide de la flotte, à près de 25 nds. Avec Laurent Bourguès un peu derrière, ils sont tous deux sur la route directe.
A l’issue d’une Route du Rhum inédite, au portant mais froide, humide et ventée, tous les skippers en cirés ont désormais une envie folle de chaleur et de ciel bleu. Il faudra patienter, le chemin est mal pavé jusqu’en Guadeloupe.
Demain, Basile devrait ralentir au passage du centre de la dépression avant de poursuivre… au près dans le vent fort. Derrière, la meute n’aura pas tout à fait les mêmes conditions et pourrait revenir fort.
Dimanche, le leader devrait commencer à percevoir le son des tambours et les parfums de canne à sucre. Il est attendu sur la ligne d’arrivée lundi matin.
Mais ce n’est pas fini ! Plusieurs scenarios sont possibles. Erwan le Roux, tenant du titre, les a étudiés : « Lundi, ça se corse…Les dépressions tropicales sont compliquées à étudier. Instabilité, orages, et… essoufflement du ventilateur en Guadeloupe. Il pourrait y avoir un regroupement à la Tête à l’anglais, nord Guadeloupe, pour ceux qui ne seront pas passés avant. Et donc, pourquoi pas, un deuxième départ de la Route du Rhum en attendant le vent. Certains scénarios n’excluent pas que Le Rire Médecin puisse même prendre sa place sur ce nouveau départ…!! »
3500 milles dignes d’une étape de la Solitaire du Figaro… pour en arriver là !
Guerre d’usure mentale en perspective ? Qui sera le plus frais ?


