Rhum : l’épreuve la plus engagée de la course au large pour 10 skippers
Rhum : l’épreuve la plus engagée de la course au large pour 10 skippers
Ils seront 10 Ocean Fifty à se lancer à l’assaut de la Route du Rhum – Destination Guadeloupe, en trimaran Ocean Fifty, dimanche 1er novembre. Un exercice aussi engagé qu’exaltant. Preuve du dynamisme de la classe Ocean Fifty, tous les bateaux de la classe ont changé de main depuis la dernière Route du Rhum et 9 skippers n’ont jamais fait de transat en multicoque. Chacun, dont une femme, cache dans ses étraves quelques atouts majeurs. Les bateaux les plus récents (2025) côtoieront les moins jeunes (17 ans) qui ont de réelles chances d’accrocher un podium. Les conditions annoncées devraient permettre de battre le record (10j 21h 35mn).

(Photo Jean-Louis CARLI / Route du Rhum 2026 / FACTSTORY)Une Route du Rhum en Ocean Fifty est sans doute l’exercice le plus engagé de la course au large. Ce sprint de moins de dix jours, souvent disputé “au contact” laisse assez peu de répit aux marins solitaires sur ces bateaux qui naviguent presque toujours penchés. Atteignant des vitesses de plus de 30 nœuds dès qu’ils touchent les alizés, ces bateaux naviguent sur le fil et réclament une attention constante pour ne pas chavirer..
Thibaut Vauchel-Camus (Solidaires en Peloton by Delanchy) est donc le seul à connaître l’exercice d’une Route du Rhum en Ocean Fifty. Il l’a déjà disputée 2 fois, en 2018 (il a terminé 3ème) et en 2022 qui lui a laissé un goût d’inachevé puisque son bateau chavirait au large des Açores. A 48 ans, le skipper malouin est prêt, et dispose d’un bateau fiabilisé sur lequel il a beaucoup navigué.
Il n’est pas le seul à viser une victoire.
Il devra composer avec des skippers bien affûtés dont les bateaux sont éprouvés depuis plusieurs années. Et notamment Baptiste Hulin (Viabilis), malouin lui aussi, très endurant, vainqueur de la dernière Transat Café l’Or en 2025 et régulièrement donné dans le tiercé. Tout comme Basile Bourgnon (Edenred), 24 ans.. Le plus jeune des 11 skippers engagés a un appétit aussi large que sa carrure… Il dispose du bateau le plus récent de la flotte (2025), dont le Trinitain a vite compris le mode d’emploi.. Mais la Route du Rhum est aussi une affaire d’expérience… ou pas. A surveiller de près, Matthieu Perraut (Elvest) et Erwan Le Draoulec (Lazare x Hellio) qui avaient tous les deux chaviré dans les premières heures de course de la dernière Transat Café l’Or. Ils ont une revanche à prendre, deux bateaux très récents (2023) qui figurent régulièrement aux avant-postes et sont bien décidés à aller goûter le traditionnel ti-punch sur les quais de Pointe-à-Pitre. Les deux connaissent bien la navigation en solitaire.
Léonard Legrand (Sodebo Fifty), qui a refité complètement le bateau le plus ancien et le plus titré de la flotte (2009), a surpris tous ses adversaires lors des derniers grands prix. Son bateau connaît la Route par coeur puisqu’il a déjà fait 9 transats en course dont 6 victorieuses y compris la Route du Rhum. Léonard est à la fois jeune et dur au mal, détenteur récent du Trophée Jules Verne avec Thomas Coville.
Luke Berry (Le Rire Médecin Lamotte), le plus anglais des skippers français, malouin d’adoption, a beaucoup navigué sur son bateau, ancien certes mais sûr, puisqu’il a terminé sur le podium de la Transat Café L’Or 2025. Le marin et sa monture se connaissent parfaitement.
Quant à Laurent Bourguès (la French Fab) il rêve de faire le poirier sur son flotteur, sur une ligne d’arrivée que son bateau connait bien pour l’avoir déjà franchie en vainqueur en 2010. Ce bateau passe dans toutes les conditions.
Pierre Quiroga (Wewise), le seul méditerranéen de la bande, vainqueur de la Solitaire du Figaro en 2021, ne lâche jamais rien et a fait la preuve qu’il était à l’aise dans les conditions musclées, tout comme son bateau.
Enfin, Anne-Claire Le Berre (Upwind by MerConcept), à la tête d’une écurie de course au large formant des femmes à la navigation, sera la seule femme en Ocean Fifty. Travailleuse acharnée, compétitrice hors-pair, elle ne laisse rien au hasard. Rigoureuse, engagée, accompagnée par une équipe solide, elle a bien l’intention d’aller au bout d’un exercice qu’elle a encore peu pratiqué : la course en solitaire en multicoque.
Sur les conditions de course, l’analyse d’Erwan Le Roux, double vainqueur de la Route du Rhum en Ocean Fifty, non partant : “Les conditions du départ sont inespérées. Une couverture nuageuse dense qui devrait se dissiper avant le départ, un vent de 10 à 15 nds de Nord / Nord Est qui accompagnera les Ocean Fifty jusqu’au Cap Fréhel sur un seul bord. Entre Fréhel et Brehat ça va aller très vite, avec des bateaux entre 25 et 30 nœuds. A Bréhat, on repart au portant, avec très peu de manœuvres. Ce sera du tout droit pour aller chercher la bascule dans l’anticyclone, en Mer Celtique.
La route devrait être très proche de l’orthodromie, la route directe. Deux à trois jours après le départ, il faudra faire le choix de passer au nord ou au sud des Açores. Il faut attendre les fichiers météo de fin de semaine”
Quelques chiffres
Record à battre (Erwan le Roux 2022) 10 j, 21h, 35 mn
Une seule femme skipper : Anne-Claire Le Berre
9 bizuth du Rhum en multicoque.
Seul skipper à avoir déjà fait la Route du Rhum en Ocean Fifty : Thibaut Vauchel-Camus.
Depuis 2002 (6 éditions), seuls 16 skippers différents ont terminé la Route du Rhum en Ocean Fifty (ex Multi50).

(Photo Vincent OLIVAUD / Route du Rhum 2026 / FACTSTORY)

